Rubriques

lundi 25 août 2014

Récits de mes participations aux 24h de Tucquenieux

24h de Tucquenieux
Il s'agit une épreuve qui a lieu sur un circuit de 8,9km et qui se déroulait tous les ans le WE du 15 Août jusqu'en 2011. Elle a été remplacé depuis par une course de 6h beaucoup plus accessible mais sans le charme de rouler la nuit. Le niveau n'est pas très relevé mais c'était une bonne manière de rentrer dans le monde de l'ultra distance.
Pour ma part, j'y ai participé à 6 reprises avec au final 4 victoires (dont une en tandem), une deuxième place et un quasi-abandon pour cause de douleurs intestinales. C'est sur cette épreuve que j'ai fait mes premières armes d'ultra et que j'ai pris goût à ce genre d'épreuves.
2000
En 2000, je suis encore étudiant et après 2ans de classes prépa, je retrouve un emploi du temps permettant de m'entraîner. Je reprends donc la saison en région lyonnaise sous les couleurs de VC Tucquenieux. Le WE du 15 août, il y a toujours une course FFC ainsi qu'une compétition familiale de 24h ouverte à tous. La fête commence le dimanche 13 août par la course FFC en 2 ½ étapes de 70km chacune. Je parviens à me joindre à l'échappée de 18 coureurs qui ira au bout. A 2km de l'arrivée, je profite d'une courbe mal négociée par mes compagnons d'échappée pour sortir seul et remporter ainsi la 1ère étape. L'après-midi, très surveillé et pas vraiment en jambe, je termine à la 25ème place. Le président du club vient me voir et me demande de prendre le départ des 24h le lendemain pour montrer le maillot. J'accepte et arrive au départ avec RIEN. Pas d'éclairage, pas de nourriture, pas d'habit pour me changer.
17h, le départ est donné, je me retrouve dans le groupe de tête. Le rythme n'est pas très soutenu et je m'échappe seul avant d'être rejoint par un co-équipier. Nous roulons à deux et lorsque la nuit approche, il s'arrête et je demande au président s'il peut me trouver un éclairage, je ne vais tout de même pas m'arrêter en tête.
Je me retrouve donc avec une lampe de poche scotché au guidon et une autre sur la tige de selle. Heureusement, je suis rejoint presque aussitôt par Daniel Cuifer qui lui est très bien équipé. Nous roulons toute la nuit ensemble. Je me débrouille avec ses lumières et la pleine lune pour voir où je vais. Au lever du jour, nous sommes toujours deux mais Daniel me fait souffrir à chaque tour en haut de la bosse, il remet la plaque et accélère. Je parviens à le suivre mais je commence à douter. Les heures défilent malgré tout et nous négocions une pause pour s'alimenter un peu plus copieusement. Lorsque nous repartons, Daniel n'accélère plus, j'attends un tour  et commence à mon tour à accélérer à chaque passage difficile. Après quelques tours et le renfort d'un co-équipier (oui, chacun roule comme il le désire donc nous sommes accompagnés régulièrement par des coureurs frais), Daniel vient à ma hauteur et me dit que la victoire sera pour moi. Cela me donne le moral mais je préfère attaquer et prendre le large. Mon co-équipier me rejoint et nous nous relayons pour prendre rapidement 1 puis 2 tours d'avance, ce qui me permet de participer à l'arrivée en groupe prévu pour les jeunes et les familles. En final, pour cette 1ère expérience, j'ai parcouru 614km sur 24h dont 22h20 réellement roulées. Cette 1ère expérience très positive de la longue distance est sans doute à l'origine de mon affection pour ce type d'épreuve.
2005
Après 2 autres participations aux 24h (l'une en tandem avec mon frère, l'autre où hors de forme et pris de maux de ventre, j'ai dû renoncer), je reviens sur les 24h prêts et motivés.
Mon frère a battu mon record de distance mais sans réussir  obtenir la victoire. Cette année, nous sommes tous les 2 en forme et espérons rapporter la victoire.
Comme à l'accoutumé, rapidement après le départ (qui se fait au milieu des familles), un petit groupe prend les devants. Nous sommes 5. A la nuit tombée, nous nous retrouvons à 4 puis 3 pour cause de douleur au ventre pour l'un et au dos pour l'autre. Il y a donc Daniel Cuifer (encore lui), mon frère et moi. Bien entendu, nous sommes en position de force et espérons en profiter. Daniel prend assez peu de relais ce qui est logique vu la configuration de la course. Au petit matin, je décide d'attaquer et à ma grande surprise Daniel ne suit pas et je m'éloigne progressivement, mon frère restant dans la roue de Daniel. A peine quelques kilomètres plus long, je rattrape par hasard mais bien heureux un copain venu faire quelques tours avec nous. Pour le coup, nous allons rouler tous les 2 à vive allure pour prendre rapidement un tour.  Avant même que je ne les rattrape, mon frère a, à son tour, attaqué et Daniel a marqué une pause. Nous nous retrouvons donc tous les 2 en tête. J'avais un tour d'avance sur mon frère, nous avons rapidement pris 2 puis 3 tours sur Daniel, ce qui nous a permis de finir ces 24h relativement tranquillement.
2007
Départ à 17h, sans surprise un petit groupe se détache. Une dizaine de coureurs dont certains ne feront pas la nuit mais impose un gros rythme à l'avant. A la nuit tombée, tout se régularise et nous nous retrouvons à 3. Pierre Antoine qui m'a accompagné à mes débuts à vélo, Daniel Cuifer et moi. Le podium est connu, reste à définir l'ordre. Je sens vers la fin de la nuit que Pierre commence à être juste et moi-aussi d'ailleurs. Daniel me semble en grande forme. Peu après le lever du jour, Pierre craque un peu et je m'accroche encore un peu dans la roue de Daniel. Je suis au plus mal mais pour l'instant, Daniel ne s'en est pas rendu compte. J'essaie de faire bonne figure mais à chaque tour, la bosse du circuit me paraît toujours plus dure. Finalement, Daniel se rend compte de mes difficultés, il accélère dans la côte et me distance facilement. Un groupe de copains me voit lâché et s'organise devant moi pour me ramener mais je suis au bout du rouleau, ils se relaient devant moi, je ne veux pas lâcher car les efforts qui fournissent, c'est pour moi, je me dois de tenir… jusqu'à ce que la tête lâche, pour la 1ère fois de ma vie, je fonds en larme sur le vélo, épuisé. Mon frère, qui faisait partie des relayeurs, se retourne, me voit et indique à tous de lever le pied. Je m'arrête à l'issue de ce tour, prends le temps de récupérer un peu plus et repars avec Daniel à 1 tour ainsi que Pierre qui est à 2 tours de Daniel (donc à 1 tour de moi). Nous faisons quelques tours ainsi à 3. Jusqu'à ce que Pierre, très compétiteur, attaque sans doute dans l'espoir de récupérer son tour de retard et venir me prendre ma 2nde place. J'avoue beau avoir été au bout du rouleau quelques kilomètres plus tôt, son attaque me met en « colère », j'accélère, ramène tout le monde sur lui et part en contre. 2 tours plus tard, je le rattrape, il a complètement explosé. Je termine 2nd de cette édition dernière Daniel n'a jamais montré le moindre signe de faiblesse cette année-là.
Je retiendrai de cette édition que dans ce genre d'épreuve, il faut savoir marquer des pauses lorsque cela ne va pas mais aussi que la tête est capable de relancer la machine (du moins pour un temps).
2011
Au départ, je retrouve de vieilles connaissances, Daniel Cuifer que j'ai battu en 2000, 2005; qui m'a battu en 2007 et a depuis remporté toutes les éditions de l'épreuve. Ambiance...
17h, c'est parti et surprise Daniel fait la bosse à un bon rythme et on se retrouve à 6!!! Déjà.
Parmi les 6, un petit tour d'horizon: 2 juniors et un vétéran venus uniquement pour faire les premières heures de course, Daniel, un inconnu et moi.
Vers 21h, une douleur au genou élimine l'inconnu nous ne sommes déjà plus que 2 pour faire la nuit.
Nous faisons une première pause pour nous changer et installer l'éclairage.
La nuit se passe à 2.
Au lever du jour après 14h de course, je teste un peu mon adversaire en accélérant dans la bosse mais il a encore de bonnes jambes. Je décide alors d'attendre le sprint ou une éventuelle défaillance.
Nous restons à 2 presque toute la journée, un coureur vient rouler et nous fait souffrir (enfin moi!).
Vers 15h, à 2h de l'arrivée, je m'attends à une attaque mais rien. Daniel me propose de finir l'épreuve au sprint.
Je me sens plus fort que Daniel sur ce type d'arrivée, j'hésite malgré tout puis accepte. J'ai bien fait!
A 1km de l'arrivée, je me place dans la roue de Daniel, j'attends d'être à environ 300m de l'arrivée pour lancer le sprint et c'est fait. 560,700km en 24h (à peine 22h réellement roulé) et une nouvelle victoire.
Sophie et Jules ont été là pour m'encourager et me ravitailler pratiquement toute la journée malgré la météo, merci à eux deux !!!
Cette édition 2011 marquera malheureusement la fin de cette épreuve

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire