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mardi 28 mai 2019

BRM400 2019 - Bois d'Arcy

En l'absence d'objectif concret pour 2019, pour cause de déménagement imminent outre-atlantique, je participe au BRM400 de Bois d'Arcy pour accompagner Cédrick et les 2 Jimmys dans sa préparation du Paris-Brest-Paris et parce que c'est la section Cyclotourisme de mon club qui l'organise.

Le départ est prévu à 16h du local du club.
Les départs se font par groupe d'une vingtaine. Nous partons dans le premier groupe.
La traversée de Bois d'Arcy est un peu laborieuse avec pas mal de circulation mais une fois passer devant le vélodrome nous rentrons dans la base de Loisirs  de Saint-Quentin en Yvelines et rejoignons rapidement la campagne environnante.
Nous sommes sur mes routes d'entraînement, j'assure le rythme sans réclamer d'aide particulière.
Après Gambaiseuil, on me fait comprendre que le rythme est un peu trop soutenu, je relâche un peu et les relais s'organise.
Nous sommes rejoints par un petit groupe qui roule bon train lorsqu'un orage mêlée de grêle s'abat sur nous. Heureusement, il est extrêmement bref et nous sommes à peine mouillés.
Parmi les nouveaux arrivants dans notre groupe, il y a 3 cyclos non casqués, première surprise, dont un ne supporte pas que seule une partie du groupe participe au relais, seconde surprise.
Il laisse des trous régulièrement et "attaque" pour rejoindre le groupe.
Cela crée des tensions dans le groupe. Avec Cédrick et les Jimmy's nous les laissons filer mais nous revenons sur eux rapidement. Lorsque nous les rattrapons, la route s'élève un peu, je garde mon rythme et prend un peu les devants, j'espère qu'avec un peu plus d'intensité, chacun se calmera. Et je tente d'expliquer à la personne qui laisse des trous que nous ne sommes pas en course et que les "suiveurs" ne vont pas s'amuser à nous attaquer comme cela pourrait être le cas en course.
L'organisation du groupe s'améliore un peu mais le naturel revient au galop.
Peu importe, nous arrivons au 1er point de contrôle.
Nos "amis" non casqués repartent rapidement; nous les laissons partir et nous nous ravitaillons plus tranquillement.
Nous reprenons la route, je fais largement ma part du travail pour faire avancer le groupe.
Le jour commence à décliner. Nous rattrapons nos amis peu avant le second point de contrôle.
Cédrick ne se sent pas bien; blocage gastrique...
Nous prenons le temps de nous ravitailler et repartons pour rejoindre Lisieux.
La situation de Cédrick empire... Nous repartons malgré tout mais devons marquer une pause car il est pris de vomissement.
Nous repartons plus tranquillement, nous le surveillons à tour de rôle.
Nous rejoingnons Deauville puis Honfleur avec une pause dans chaque ville pour pointer. Cédrick a réussi à se réalimenter un peu mais on sent qu'il puisse dans ces réserves.
Nous reprenons la route, chaque ascension est un calvaire, nous progressons lentement. En arrivant au Neubourg, une décision est prise, Cédrick et l'un des Jimmy s'installent dans un guichet de banque pour dormir un peu et reprendrons plus tard en espérant que la situation s'améliore.
Je repars avec le groupe et Jimmy Reza.
Le train s'accélère, nous ne sommes plus que 5 ou 6.
A l'approche d'Ivry la Bataille, les organismes sont bien entamés. Nous nous attendons au sommet des bosses. Nos poches sont vides mais il est encore trop tôt à Ivry pour trouver une Boulangerie ouverte.
Nous attendrons Thoiry pour nous ravitailler à l'ultime pointage.
En repartant, le groupe se disloque un peu 2 cyclos ont pris les devants, je suis derrière avec Jimmy.
Nous les apercevons au loin à l'entame de la côte de Beynes. Je monte cette côte à un très bon rythme, je ne suis plus dans le calcul de mon effort. Nous arrivons au sommet avec les 2 autres cyclos et nous finirons ensemble.
Le chrono de ce 400 n'est pas exceptionnel mais nous avons été solidaires de nos compagnons de route.
Pour ma part, j'ai été agréablement surpris de mon niveau de forme malgré le peu d'entraînement de ces dernières semaines.

jeudi 18 avril 2019

BRM 2019 200km & 300km

Déjà 2 brevets de réaliser cette année.
Le premier, un BRM 200km, réalisé à Noisiel:
Le départ est prévu à 7h au levé du jour. Comme je dois me rendre en Lorraine ensuite, je fais l'aller jusqu'à Noisiel à vélo et Sophie viendra le récupérer pour faire le route ensuite.
Je pars donc vers 5h de la maison. Le vent est favorable, le parcours est très urbain jusqu'à Noisiel mais à cette heure, il n'y a pas trop de circulation. Je trouve même un compagnon de route  une dizaine de km avant Noisiel.
Nous discutons un peu et devons nous arrêter pour que je répare une crevaison.
Nous arrivons au départ vers 6h30. Je valide mon inscription, récupère ma feuille de route.
Les départs se font par groupe de 20. Je suis dans la 1ère vague mais Cédrick et ses potes seront plutôt dans la 2nde (5min plus tard)
Le groupe démarre à un bon train. Je ne participe pas dans un premier temps, espérant un retour de Cédrick. Dès que la route s'élève le rythme diminue énormément. J'essaie de maintenir un rythme un peu  plus élevé mais me retrouve seul.
Après une 50aine de km, à l'occasion d'une côte, nous nous retrouvons à 5/6 à l'avant. Suite à une incertitude sur le parcours, le reste du groupe nous dépasse et prend quelques centaines de mètres d'avance. J'accélère, entraîne notre groupe à un rythme plus soutenu et rattrape le reste du groupe.
Encore une quinzaine de km et nous arrivons au premier point de contrôle, nous sommes encore une dizaine.
Je m'attends à ce qu'on s'attende un peu pour repartir ensemble mais 4 participants repartent très rapidement sans même nous prévenir. On m'a souvent parler de l'esprit randonneur en opposition à l'esprit compétiteur. Personnellement, je change d'état d'esprit en fonction de ce que je fais et cette attitude m'agace un peu.
Nous repartons à 5 et roulons à vive allure pour les rattraper et les dépasser. Nous nous retrouvons à 4.
Les 2 séquences plus intenses vont se payer au prix fort. Nous reprenons vent de face, il reste plus de 80km. Je ne suis pas au mieux, je ne prends plus trop de relais. Dès que la route s'élève, j'ai des difficultés à suivre.
Nous ne sommes plus que 4 et mes 3 compagnons ont la gentillesse de m'attendre.
Je retrouve un peu de force dans les 15 derniers km. Nous finissons enfin les 200km en un peu moins de 8h.
Je termine pour ma part avec 256km au compteur.

Le second, un brevet 300km au départ d'Andresy
Il y a 32km à parcourir pour se rendre à Andresy depuis chez moi. Je décide donc de faire l'aller-retour à vélo.
Je pars de la maison à 2h10 du matin, arrive à 3h30 pour un départ à 4h.
Ce 300km se passe sans trop d'encombre, je suis en meilleure forme que sur le 200km; les passages vent de face restent pénibles mais je participe à l'avancée du groupe sans coup de barre. Nous sommes un groupe assez nombreux et perdons un peu de temps aux points de contrôle, tant et si bien que nous finissons le 300km en 12h15 soit près d'une heure de plus que sur le 300km de Bois d'Arcy que j'avais réalisé pratiquement seul.
Je rentre à la maison à vélo pour un total de près de 370km.
La route continue le 11 mai avec le 400km de Bois d'Arcy

mardi 4 septembre 2018

Récit RACE ACROSS FRANCE 2018

Préparation:
Pour préparer la RACE ACROSS FRANCE, j'ai repris les ingrédients qui m'avaient plutôt bien réussi pour le Paris Brest Paris en 2015.
Un hiver studieux avec du foncier sur route et du rythme sur piste au Vélodrome.
Des compétitions sur route en début de saison pour ne pas être trop Diesel, tout en rallongeant un maximum (aller-retour sur les courses à vélo). Puis à partir d'avril, montée en distance sur un BRM 300 puis 2 BRM 400 et un BRM 600 pour trouver son rythme sur les longues distances.
Tout ceci sur des routes plutôt plates, il a donc fallu ajouter un Week-End prolongé dans les Cévennes pour prendre le coup de pédale sur des cols de moyenne montagne.
Sur Mai et Juin, plus de 4000km avalés, de quoi avoir un bon foncier.
Juillet a été plus calme, l'objectif étant de recharger les accus et de prendre de l'envie (essentiel pour que la tête tienne). Presque 3 semaines de vacances en Colombie; pas de vélo mais un peu de spinning sur cette période et surtout une acclimatation à 2600m d'altitude.
Retour en France, début Août avec des sorties courtes (mais 2 à 3 fois par jour) et une épreuve de 6h sur circuit.
Enfin, le repos d'avant course, le décompte commence avec environ 10500km au compteur

J-3: Mercredi 15 Août
Après avoir vérifier que j'avais tout le nécessaire pour la RAAF, je commence les valises et je prépare mon alimentation; au programme, je cuisine des cakes énergétiques sucrés et salés et une tarte croquante pour le plaisir. Je récupère aussi Régis à la gare.
Une partie du ravitaillement...

J-2: Jeudi 16 Août
Gérôme et Philippe viennent nous récupérer avec les voitures du Team Progress. On charge l'ensemble de nos affaires (pas si simple!!!) et non voilà parti. La route se passe sans encombre mais nous arrivons relativement tard chez mon frère Franck. Coucher vers 23h30, difficile de faire plus tôt.
En route sur le Sud

J-1: Vendredi 17 Août
Levé relativement tôt pour être à Mandelieu à 9h pour l'inspection des vélos et des véhicules. 10h30, tout est ok. 
Photo officielle

Véhicule d'assistance #1

Véhicule d'assistance #2
Avec la Team de départ (Philippe, Gérôme, Franck et Régis)

Je me change et pars faire un petit tour de vélo histoire de repérer le départ jusqu'à la sortie de Grasse. Il y aura moins de stress pour le guidage au démarrage le lendemain et cela fait du bien de tourner un peu les jambes après avoir passer la journée de la veille assis dans la voiture.
Repérage et déblocage

Petit resto avec toute l'équipe, on complète les courses pour le grand départ. 
17h30: Briefing
Retour chez Franck et coucher à 23h. J'ai hâte d'y être, je suis passé de l'état "J'espère avoir pensé à tout" à "Je veux que ça démarre"

Jour J: Samedi 18 Août
Au départ de Plan d'Aups

Arrivée à Mandelieu un peu avant 11h, je me change et fais les derniers préparatifs. Tout est prêt. Je suis dans la file d'attente pour le grand départ.
A quelques secondes du départ

C'est parti

12h12: Après quelques mots échangés avec Arnaud, c'est parti. Je cherche directement à me mettre dans mon rythme, je rattrape rapidement 2 concurrents partis 2 et 4 minutes avant moi. Je m'inquiète, suis-je en train de démarrer trop vite?
Mon cardio n'ayant pas démarré, je ne peux me rassurer avec cette information; je continue donc à me fier à mes sensations.
L'ascension vers le sommet des gorges du Verdon commence. Après une cinquantaine de kilomètres, Nicole Reist me dépasse. Je ne cherche pas à faire évoluer mon rythme; elle semble très concentrée sur son effort. Je la vois s'éloigner progressivement en avançant dans l'ascension du col.
J'approche du dernier col permettant d'accéder aux Gorges du Verdon lorsqu'il commence à pleuvoir. J'enfile ma veste de pluie avant d'entamer la descente. La route est détrempée, j'effectue la descente sur les freins en restant très concentré; dommage, je n'ai pas vraiment profité de la vue sur les Gorges. Lorsque j'arrive au niveau du Verdon, l'orage redouble et la pluie s'accompagne de grêle. Je roule rapidement; l'objectif soit sortir de la cellule orageuse; soit trouver un abri. Je passe à côté du véhicule de Jean-Luc Perez qui s'abrite sous le coffre de son van. Je trouve finalement un tunnel un peu plus loin et m'y arrête. Je profite de cet arrêt non prévu pour me ravitailler; j'attends que cela se calme un peu (au moins la grêle) et repars. Je reprends ma progression sans encombre jusqu'à la nuit et le moment où j'attrape un début de crampe à l'intérieur de la cuisse droite (après un peu plus de 200km seulement). Franck me masse et parvient à faire passer la crampe. Je repars prudemment. Gianpiero Klancic m'a passé pendant cet arrêt, il était parti 2 minutes près moi, nous avons vraiment des rythmes très proches. Je reviens progressivement sur lui. Je le repasse une première fois (en ratant l'entrée d'une piste cyclable). Il me rattrape à nouveau, me passe, je laisse une cinquantaine de mètres mais dès que je reprends mon rythme, je me rapproche de sa voiture. J'attends un peu, me disant qu'il était un peu plus rapide que moi et devrait donc finir par prendre le large. Il n'en est rien, je décide donc de repasser et reprendre mon rythme.
J'arrive au Bed&Bike situé au pied du Ventoux, je marque un arrêt un peu plus long pour me restaurer, changer une partie de mes vêtements pour des vêtements un peu plus chaud, une dizaine de degrés seulement sont annoncés au sommet et je prends mon vélo de montagne avec un braquet 33x34 qui doit me permettre de progresser en souplesse le plus longtemps possible.

Jour J+1: Dimanche 19 Août
Je repars à l'assaut du Géant de Provence un peu avant 1h du matin. Je suis dans les temps que j'avais prévus.
Dans les premiers kilomètres, j'ai quelques difficultés à m'adapter à la pente importante, je parcours 6 ou 7 kilomètres et marque une courte pause. Je ne m'affole pas, j'avais prévu et imaginé que je ne monterai pas les grands cols d'une traite et faire une pause au cours de l'ascension n'a rien de rédhibitoire.
Je repars pour la suite de l'ascension, rejoint le Chalet Reynard où je marque une seconde pause de courte durée. Le final de l'ascension se passe plutôt bien, je croise avec surprise un chien de berger.
Au sommet, je reçois les encouragements d'une personne de l'organisation. Je m'arrête pour me couvrir avant d'entamer la descente.
Descente rapide mais prudente car il fait encore nuit noire.
Je fais maintenant route vers le Nord en longeant les Alpes, la route est relativement plate mais un petit vent du Nord ralentit ma progression.
Vent défavorable pour rejoindre le Vercors

J'arrive à Die vers la fin de matinée et attaque la montée du col du Rousset, long et sous le soleil puis un petit col assez pentu et dont le panneau n'est pas situé au sommet mais avant un long faux plat qui termine l'ascension; c'est très désagréable de passer le panneau du col est de devoir attendre plusieurs kilomètres avant de pouvoir enfin entamer la descente.
Après le remplacement du véhicule d'assistance, c'est la descente vers Grenoble.
En route vers les cols mythiques des Alpes

Puis la vallée vers Bourg d'Oisans où je rattrape Mikel un espagnol de la Challenge Self Support; nous entamons l'Alpe d'Huez pratiquement ensemble vers 19h45.
Je demande à Gérôme combien de virages, je suis capable de franchir avant la tombée du jour. J'annonce 5, lui 7 et nos supporters sur le Facebook Live qu'il a lancé, annonce entre 10 et 15. Du coup, je passe mon ascension à faire le décompte pour finalement atteindre le sommet avant la nuit noire. Je m'arrête un peu, me couvre car même s'il reste le col de Sarennes, la température a baissé.

Jour J+2: Lundi 20 Août
La route du col de Sarennes est dans un très mauvaise état, tant dans la montée que dans le début de la descente. Je suis content d'arriver enfin à Mizoen au pied du Lautaret. J'avance un peu le temps de trouver un parking pour faire ma première pause sommeil après plus de 36 heures de vélo. Je ne dors que 20min, toujours dans l'objectif de sécuriser mon passage à Talloires même si le rythme que je tiens jusque là est rassurant.
Je rattrape à nouveau Mikel dans le col du Lautaret, nous discutons un peu et le col passe vraiment bien, j'enchaîne "presque" directement vers le Galibier. Mikel prend quelques longueurs d'avance à quelques kilomètres du sommet. J'arrive au sommet seul mais les dernières rampes sont réellement très difficiles.
J'enfile un coupe-vent et entame la descente toujours de nuit donc prudemment, je remonte le col du Télégraphe (à vrai dire, je m'en souviens à peine) et reprends ma descente jusqu'à l'entame de l'Iseran qui débute pour une longue approche peu pentue. Je ne suis pas au mieux dans cette partie et fini pour faire une pause supplémentaire peu après le levé du jour. Après 20 nouvelles minutes de sommeil, je suis réveillé par mon assistance, mange un peu et reprends la route. Me sentant encore fatigué, je leur demande de m'arrêter s'il voit que je fais des écarts "anormaux". Je m'approche doucement du pied de l'Iseran; ça reste laborieux, je n'arrive pas à trouver un bon rythme.
J'arrive à la rupture de pente et marque un arrêt avant d'attaquer réellement l'ascension.
Petit moment de répit dans un cadre magnifique avant l'Ascension de l'Iseran

Dans l'ascension de l'Iseran, je n'ai jamais eu de bonnes sensations et cela aura été sans doute l'ascension la plus pénible me concernant. En revanche, le panorama est magnifique et j'en profite pour regarder le paysage lorsque la pente me le permet. Je marque encore une pause au cours de l'ascension et parvient enfin au sommet.
Première grande descente de jour pour rejoindre Bourg Saint Maurice. La descente est rapide et agréable dans sa première partie puis passé Val d'Isère, il y a de nombreux tunnels avec une mauvaise visibilité et une route en mauvaise état. J'arrive donc à Bourg Saint Maurice heureux d'avoir passer les 2 plus hauts cols de l'épreuve, toujours dans le timing prévu.
A Bourg Saint Maurice, Franck a préparé une douche et de quoi me restaurer. Cette douche fait le plus grand bien, j'en profite pour me changer intégralement. 
Pause à Bourg Saint Maurice

Un massage et ça repart!

Après un massage et un repas réparateur, je repars et attaque rapidement les premières rampes du Cormet de Roselend. La fatigue commence à se faire sentir et l'ascension me parait bien longue; le sommet est exposé au vent ce qui n'arrange rien; heureusement une fois encore le paysage est magnifique.
A peine la descente effectuée, on reprend par le col des Saisies toujours exposé au vent. Le dénivelé de ce col est plus faible que les dernières ascensions le sommet est moins haut et surtout nous ne sommes pas redescendu en fond de vallée.
Nous arrivons au sommet, je vois une collègue qui passe ces vacances aux Saisies, je marque un arrêt pour enfiler un coupe-vent et manger un peu.
C'est parti pour la descente vers Mégève; dans la vallée avant d'attaquer le col de la Colombière, je fais une pause sommeil de 20min et me restaure.
C'est reparti vers Cluses, je passe à côté de Sylvère Mory qui est sur le point de terminer la version Challenge Sans Support en tête; il a un problème de GPS, nous ferons donc route ensemble jusqu'à Talloires.
Nous entamons la Colombière à la tombée du jour. La montée jusqu'au Reposoir se passe bien; j'entame les 3 derniers kilomètres, la pente devient vraiment très dure et je marque un arrêt à un peu plus de 1km du sommet. Je repars, termine péniblement l'ascension et commence la longue descente vers Talloires.
J'arrive à Talloires après 60h sous les applaudissements... pour l'arrivée de Sylvère, vainqueur de la course Challenge Sans Support.

J+3: Mardi 21 Août
Je m'installe pour ma première nuit, "1h30" de sommeil réparateur. 
1ère phase de sommeil de 1h30
Le réveil est un peu difficile mais l'accueil est parfait


Un petit café, un peu de nourriture et c'est reparti. Je suis soulagé de passer Talloires dans les temps et même avec une confortable avance. On commence à jeter un œil au classement, je suis 3ème avec Jean-Luc Perez, l'autre Francilien de l'épreuve quelques kilomètres derrière moi.
Le tour du Lac d'Annecy permet de se remettre en jambes avant d'attaquer le col permettant de rejoindre le lac du Bourget.
Après le lac du Bourget, un col court mais intense au début nous attends, je marque une pause repas avant d'attaquer cet ultime col pour sortir des Alpes. Pendant l'ascension, le jour se lève nous laissant apercevoir le Lac du Bourget au petit matin.
La route est désormais beaucoup plus plate, j'ai repéré une dernière côte à passer avant de changer de vélo et de prendre le vélo de contre-la-montre.
Je croise Benoît, mon beau-frère venu me voir dans l'ascension de la côte, il nous rejoint au sommet où je mange à nouveau avant de repartir avec mon vélo de CLM. La vitesse augmente, la température monte aussi, je marque un arrêt vers midi pour un sieste de 20min avant de partir à l'assaut des monts du Mâconnais. Juste avant Prissé, je reprends mon vélo classique, les coteaux du Mâconnais sont exigeants et surchauffés. Je souffre pas mal sur cette partie. Profite un maximum de l'élan des descentes pour entamer les montées. Je marque plusieurs arrêts pour me rafraîchir. Nous arrivons à Gueugnon en fin d'après-midi. Nous cherchons une animation qui devait être présente avec possibilité de se doucher mais il n'y a rien. Peu importe, nous reprenons la route vers Nevers que nous rallions vers 23h.
Une petite pause à la Fée du Vélo, j'apprends que je suis toujours 3ème mais que Jean-Luc revient sur moi en mode TGV.
Nous reprenons la route, passons une côte difficile quelques kilomètres plus loin et je reprends le vélo de CLM.

J+4: Mercredi 22 Août
Au petit jour, j'éprouve le besoin de dormir; c'est pendant cette pause que Jean-Luc Perez me passe et se sera définitif.
En effet, en ce jour de Bords de Loire, Jean-Luc est dans son élément d'expert du CLM longue distance et de mon côté, j'ai beaucoup de difficultés à faire les 4-5h de vélo consécutives entre pause qui permet de bien progresser. Je marque un arrêt pratiquement toutes les heures, c'est mauvais signe.
Parc et Château de Chambord

Fin d'une journée difficile malgré les apparences

Je me rends compte en fin de journée que par habitude, je roule un peu plus fort sur le vélo de CLM et que du coup, je n'arrive pas tenir, je calme donc le jeu sur la fin de journée et retrouve un rythme plus serein. Nous effectuons une pause quelques kilomètres avant La Flèche pour dormir 1h30.

J+5: Jeudi 23 Août
Le redémarrage est un peu laborieux, nous retrouvons des routes vallonnées. Quelques heures seulement après le départ, je ressens le besoin de dormir à nouveau et nous partons sur 1h30 de sommeil. Cette pause me fait le plus grand bien et je repars avec l'objectif de voir la mer avant la nuit. Je trouve un assez bon rythme même si la route n'aide pas forcément, ni le vent d'ailleurs. J'effectue des pauses toutes les 4 à 5 heures; pauses pendant lesquelles je dévore littéralement.
J'approche du bord de mer, je sais que je vais basculer vent dans le dos, j'arrive au niveau d'Omaha Beach vers 19h et me ravitaille largement. Je suis super excité, je n'ai qu'une envie repartir à passer le Pont de Normandie. Je reprends donc la route vent dans le dos, j'avance bien jusqu'à la nuit. Vers 23h, je commence à sentir la fatigue me prendre et les jambes commencent à faiblir. Je m'arrête donc pour la dernière "nuit" sur cette épreuve, nous partons sur 3h de sommeil.

J+6: Vendredi 24 Août
Je mange bien au réveil et repars, il y a quelques bosses sévères qui me font souffrir. Je galère un peu pour trouver l'accès au Pont. La traversée du Pont de Normandie est assez sportive avec un fort vent de côté et une voie relativement étroite.
Je retrouve Régis et Thierry à l'issue de la traversée et j'emprunte une petite route où ils ne peuvent me suivre. Nous nous retrouverons quelques kilomètres plus loin. Je rejoins le pays de Caux mais ressens le besoin de dormir à nouveau une vingtaine de minutes.
La route est toujours très vallonnée mais le compte à rebours à commencer dans mon esprit, je devrais arriver entre 19h et 20h. Franck nous rejoins après un peu de sommeil et une visite chez ma cousine. Les montées sont faites dans la difficulté mais la progression continue.
Tout aurait pu basculer lorsque j'ai roulé sur une pierre à environ 150km de l'arrivée, énorme choc, je ne perds pas l'équilibre, je pense avoir éclaté mais finalement ce sont les jantes qui ont pris.
Une pierre qui aurait pu tout gâcher

J'approche maintenant de l'arrivée mais je reprends 20 kilomètres avec un fort vent de 3/4 face sur une route complètement à découvert. Je marque 2 arrêts sur ce petit bout de route. A 15 kilomètres de l'arrivée, je reprends vent dans le dos et je suis dans un état second, je devrais savourer ces derniers kilomètres, me relâcher mais non, je suis juste impatient d'en finir et je profite du vent favorable pour accélérer.
Enfin l'entrée dans Le Touquet, le panneau Arrivée 1km, la ligne est en vue, ça y est, je suis FINISHER de la Race Across France.
J'ai parcouru un peu plus de 2500km en 6 jours 7 heures 9 minutes et 13 secondes dont environ 34h à l'arrêt, j'estime avoir dormi entre 18 et 20h, le reste étant dévolu aux ravitaillements, douches, massages et autres arrêts soit environ 21,4km/h sur les heures de roulage.
Eh oui, FINISHER!!!!!!

Drôle de tête. La joie ne transparaît pas...

Merci au TEAM PROGRESS pour son soutien!

Merci à toutes les personnes qui m'ont encouragé sur Facebook et qui ont suivi les Live. Merci à Philippe, Gérôme, Franck, Régis, Yoann, Thierry, Matthéo et Flavie pour l'assistance tout au long de la semaine. Eux aussi ont connu des nuits courtes, voire très très courtes et ils ont été aux petits soins pour moi pour que je reste focaliser sur mon effort.
Merci à Arnaud, Loïc et toute l'équipe d'organisation d'avoir fait exister cette épreuve dont je rêvais.
Merci à Sophie et les enfants pour avoir supporter toute la préparation et d'avoir préparé le comité d'accueil de notre retour.
Le comité d'accueil
Cela fait déjà 10 jours qui j'ai fini cette belle aventure. Le retour à la réalité n'est pas évident; il a fallu reprendre le travail puis la rentrée des classes alors que j'ai toujours à l'esprit ces 6 jours defforts, de souffrance et de plaisirs.
La récupération se passe plutôt bien, j'ai repris le vélo après une semaine, il est encore difficile de faire monter le coeur mais les sensations sont bonnes. En fait, il n'y a plus qu'un séquelle de cette épreuve: des fourmillements persistants dans la main gauche mais j'avais déjà ressenti cela après le Paris Brest Paris, dans quelques semaines, tout ça sera oublié.

Liens vers les activités STRAVA:



dimanche 24 décembre 2017

24h du Mans

Après beaucoup d’hésitation entre dormir sur place ou chez moi la veille, j’ai pris le parti de rester chez moi. De toute façon, je n’étais pas prêt pour faire le trajet le vendredi soir. J’arrive donc le samedi matin un peu trop tard pour faire le tour de reconnaissance mais peu importe, je pourrais faire cela lors de la procédure de départ. Je récupère mon dossard, prépare mes affaires dans le box. Il reste encore 5h avant le départ. L’occasion d’un peu de détente et de discussion avec l’équipe GASP Cycling Braquet Libre avec qui je partage le box 37.
J’ai prévu de manger les mêmes cakes que sur le Paris-Brest-Paris mais j’ai ajouté de l’alimentation liquide car l’intensité de l’effort pourrait rendre difficile une alimentation solide. Pour les pauses, j’ai aussi préparé du riz au lait qui avait été parfait lors du PBP.

La préparation :
Pas trop d’aléas dans la préparation, j’arrive sur les 24h du Mans avec un peu plus de 9000km mais une seule sortie « longue » cette année avec 400km pour rejoindre Epinal depuis Paris le Week-End de l’ascension. J’ai eu un mois de juin chargé avec la traditionnelle Sud Yvelines et un séjour avec mes collègues dans le Jura ainsi que le début du mois d’Août avec pratiquement 400km/semaine et des sorties solo de 150km.


L’épreuve :
Un peu moins d’heure avant le départ, la mise en place commence, d’abord les équipes de 4, de 6 puis de 8. Viennent ensuite les duos et enfin les solos. Je pars donc pour le « tour de formation ». J’en profite pour repérer les différents virages ; on ne devrait pas beaucoup user les freins sur ce circuit.
Je m’installe au début des solos grâce à mon dossard 102. J’aperçoie Evens Stievenard pas très loin avec le dossard 105.
La procédure de départ commence avec les hymnes des différents pays représentés puis François Pervis remonte la ligne de départ avec le drapeau français. La pression monte d’un cran.
Et… c’est parti, je cours jusqu’à mon vélo de l’autre côté de la piste et je me lance. Au passage, comme beaucoup, j’ai failli me casser la figure au moment d’agripper mon vélo.
J’entame ma remontée, je me faufile, j’aperçois quelques mètres devant moi le 105, j’essaie de me faufiler derrière lui.
Je commence à être bien essoufflé mais je veux poursuivre encore un peu ma remontée. Après 1 tour, je ne sais pas trop à quelle place je me trouve mais je commence à rester dans les roues qui sont devant moi. J’aperçois une cassure un peu plus loin, je suis dans le 2nd groupe. Je pense que le 1er groupe est constitué d’une 60aine d’unités. Je me cale dans les roues et essaie de ne pas faire trop d’effort.
Au bout d’une heure, la moyenne dépasse les 40km/h mais j’ai de bonnes sensations, je reste donc caler dans ce groupe.
Descente de la Dunlop...

Montée de la Dunlop; plus dur!!!

Après le ravito


Ligne des stands

Après une heure et demi, nous nous faisons rattraper par le groupe de tête, tout mon groupe tente de s’accrocher et je commets sans doute une erreur en faisant de même. Dans ce groupe, je réalise mon meilleur tour à plus de 45km/h (le 16ème tour pour être précis).
Les tours passent, il fait chaud, je bois régulièrement. Je n’essaie même pas de manger mes cakes.
Après 3h de course, ça devient dur de suivre les roues, je me laisse prendre dans une cassure, cela permet de ralentir la cadence.
Après 3h30 de course, j’effectue mon 1er arrêt. Indispensable, mes 4 bidons sont complètement vides. Je récupére 4 bidons pleins, bois un peu d’eau, une pause indispensable et c’est reparti. L’arrêt aura duré environ 5min.
Je retrouve rapidement un groupe. Les 2 premières heures se passent très bien, je reste dans le même groupe que l’équipe GASP Cycling qui fait rouler son 3ème relayeur.
Après 6h de course, 1er gros coup de bambou, je lâche dans la Dunlop qui devenait dure depuis quelques tours.
Le ralentissement est assez brutal, j’essaie de prendre des roues mais les groupes me paraissent tous trop rapides.
J’insiste une heure et demi pour effectuer mon 2nd arrêt après 7h30 de course. La pause sera un peu plus longue, 10min environ.
Lorsque j’essaie de monter sur mon vélo, j’ai des crampes qui se mettent en place. Je m’y reprends à plusieurs fois pour pouvoir repartir.
La première heure de ce relais est correct malgré ces débuts de crampes.
Au bout de 8h30, 2nd coup de bambou. En fait, je me rends compte que je ne digère pas du tout les crampes, je décide donc d’effectuer quelques tours en récupération active. Les groupes défilent à haute vitesse mais je sens que c’est ma seule chance de ne pas complètement exploser.
Après ces quelques tours, j’altère des tours où j’arrive à prendre des roues et les tours où je me sens arrêter. C’est un passage difficile pour moi. Le moral n’est pas au top.
J’effectue mon 3ème arrêt après 11h de course, encore une 10aine de minutes.
Le relais suivant, je continue dans cet état alternant le moyen et le pire.
Après 14h, je décide de m’accorder un arrêt plus long pour m’alimenter, récupérer un peu et repartir pour profiter de ce moment un peu magique qu’est le lever du soleil.
Le vent s’est un peu levé, il est défavorable dans la ligne droite des stands et dans la montée de la Dunlop. Les groupes sont plus faciles à suivre. Bien calé dans les roues, la montée se fait un peu plus longtemps.
Ce relais se passe très bien, j’enchaîne les tours à un bon rythme.
Après 18h de course, j’effectue mon 4ème arrêt, cette fois encore un peu plus de 20min.
Il reste 6h et je commence à compter. Vu mon rythme actuel, je ne vois pas trop comment atteindre les 720km que je m’étais fixé comme objectif.
Ça peut encore passer mais ce sera très très juste.
Le moral est plus que fluctuant, la fin du relais est un calvaire. Je peine à rouler à plus de 25km/h. La Dunlop ressemble à l’Alpe d’Huez.
Je m’arrête pour mon 5ème arrêt après 21h de course. 154 tours effectués, il me manque 18 tours pour atteindre mon objectif.
Après 15min, je pars avec un peu plus de baume au cœur, c’est mon dernier relais en théorie. J’effectue quelques tours rapides après avoir trouvé un bon groupe mais malgré la fin approchant, je me retrouve planté à nouveau. Je ne devais pas m’arrêter mais j’ai vidé mes 2 bidons que je pensais suffisant pour finir. Je décide donc de m’arrêter une fois de plus, une 10aine de minutes après 23h de course.
Il me reste une heure mais quand je repars, je suis vidé, il me manque encore 7 tours.
Comme souvent sur les épreuves longues, lorsque le final approche, la tête retrouve de l’envie et les jambes repartent un peu. C’est exactement ce qui se passe pour moi, j’effectue quelques tours rapides autour de 35km/h. Je passe la ligne marquant la fin de mon 171 tour après 23h55.
Je n’ai plus qu’à finir mon tour pour valider le 172ème. Je me relâche complètement et profite de ce dernier tour. Je me fais doubler pour les premières équipes, je remonte la ligne des stands, une clameur incroyable vient des tribunes (bien sûr pas que pour moi), je frisonne, j’ai les larmes aux yeux.
Je passe la ligne, rejoins tranquillement mon stand. Je peux enfin me poser.
 
Enfin, l'arrivée

Diplôme de l'épreuve

Conclusions :
J’ai un sentiment très mitigé sur ces 24h du Mans. Je suis assez content de ma performance mais j’espérais un peu plus. Après tout, 720km en 24h, c’est ce que j’avais fait sur le début du PBP mais la gestion de l’effort est très différente. Au PBP, tout le monde se fatigue en même temps, on rentre dans une sorte de solidarité dans l’effort. Au Mans, les équipes sont à la bagarre pour leur classement, l’intensité de l’effort est incroyable.
Je me suis sans doute griller en m’accrochant à des groupes trop rapides.
D’un autre côté, tout le monde me félicite pour ma performance.
Je recommencerai sans doute mais j’essaierai d’être plus raisonnable…

lundi 24 août 2015

Compte rendu PARIS-BREST-PARIS


La préparation :
Malgré quelques aléas dans la préparation, j’arrive en bonne forme avec environ 8500km au compteur depuis janvier. Après une bonne préparation hivernale, un accident de la route a bien failli remettre en cause ma participation au Paris-Brest-Paris. 6 semaines de plâtre au poignet, pendant lesquels j’ai compensé en faisant de l’home trainer afin de ne pas perdre tous les acquis de l’hiver. Puis 3 grandes phases étaient prévues :
- Les 3 premiers brevets (2 de 300km et 1 de 400km) en seulement 4 semaines de mi-avril à mi-mai,
- 3 WE très chargés en juin incluant une course par étape FSGT (La Sud Yvelines) puis le BRM 600 à Montigny et enfin un WE prolongé de 4 jours dans les Vosges avec mes collègues de travail
- La 2ème quinzaine de Juillet avec une forte charge effectuée principalement en solitaire, à l’exception de la dernière sortie de nuit faite avec mes collègues de travail à 15 jours de PBP.

L’organisation :
S’agissant de mon premier PBP, je ne sais pas trop ce qu’il faut mais j’ai la chance d’être accompagné dans cette aventure par ma femme et mon beau-père qui me seront d’une grande aide tout au long du parcours et qui assureront mon ravitaillement.

Le départ :
Je suis inscrit dans la premier vague à 16h. J’arrive sur le site du vélodrome vers 15h10, c’est impressionnant des vélos partout, des personnes qui font la sieste dans l’herbe, on entend toutes les langues. Je rejoins le sas de ma vague et y retrouve quelques visages connus principalement des Mayennais avec lesquels j’avais fait une grande partie du BRM 300 de Chartres. 15h45 nous rejoignons la zone de départ, je me retrouve en 1ère ligne (je devrais arriver à trouver des photos !). La pression monte doucement et c’est parti.
Sur la ligne de départ
C'est parti !!!
SQY => Villaines-la-Juhel (221km en 6h24)
Les 500 premiers mètres sont juste hallucinants, on se croirait au sommet de l’Alpes d’Huez, une foule impressionnante s’est amassée pour nous encourager. Je me mets devant pour que Jules et Agathe, qui sont un peu plus loin, puissent me voir passer. A l’approche d’Ergal, le départ est donné. Je m’attendais à ce que quelques courageux prennent la tête et assurent un tempo mais finalement, pas grand-chose, j’essaie donc de lancer la machine, prend la tête pendant un long relais mais je ne trouve pas vraiment de soutien. Le groupe progresse donc à une vitesse plutôt tranquille, je prends régulièrement des relais et reste dans les 30-40 premiers du paquet pour diminuer les risques de chutes et autres incidents.
Dans les villes et villages que nous traversons, il y a souvent des groupes de spectateurs venus nous encourager, il y en aura ainsi pratiquement tout le long du parcours, bien sûr beaucoup moins la nuit, encore que !
Finalement, les choses sérieuses commencent à la sortie  de Longny-au-Perche, il y a une côte à la sortie de la ville. Je suis avec les premiers dans cette côte puis un groupe de belges accélère, il y a sans doute eu des cassures mais je ne me retourne pas et  reste concentré sur l’avant du peloton. C’est à ce moment que nous sommes rejoints par la tête de la vague B partie 15 minutes après nous. Nous arrivons donc à Mortagne-au-Perche dans un peloton renforcé des plus rapides de la seconde vague, une dizaine environ. Là, je récupère rapidement 2 bidons et de la nourriture et repars aussitôt car pas de contrôle à l’aller ici. Après ce ravitaillement, le peloton se réorganise rapidement et reprend sa marche sur un rythme un peu plus élevé. J’identifie un coureur avec qui j’avais discuté sur STRAVA, il est français, habite aux Etats-Unis et pour placer son niveau, il fait 150km de vélotaf par jour, cela se ressent dans ces relais. Il y a aussi un espagnol et un allemand qui me font forte impression.
Quelques kilomètres après Mortagne, la lumière du jour décline, les éclairages se mettent en route. J’adore rouler la nuit ! Je trouve que les difficultés passent beaucoup  mieux.
A ce moment-là, nous sommes sans doute plus d’une centaine encore en route vers Villaines-la-Juhel, à l’avant une dizaine de personnes participent à la bonne avancée du groupe. Nous arrivons donc rapidement à ce premier contrôle.
Et là, la course commence, on pose le vélo et on court vers le lieu de pointage. Surprise, il y a facilement 50-100m à faire en courant avec les cales pour atteindre le lieu de pointage. On court à nouveau pour se remplir les poches (les bidons ont déjà été changés par Gaby et Sophie). Ça repart en ordre dispersé, je pense qu’il y a un groupe devant moi puisque je n’aperçois pas la voiture qui nous précède depuis le début. Finalement, je suis avec les premiers et le groupe s’est réduit à environ 50 personnes.
Première étape tranquille

Villaines-la-Juhel => Fougères (89 km en 2h52)
Passer le stress de repartir avec le bon groupe, le rythme se normalise pour un temps. Car certains (en fait, l’espagnol qui me paraissait costaud) doit vouloir réduire le groupe car il place quelques violentes accélérations (surtout si on considère qu’il reste 900km à parcourir). Néanmoins à l’approche de Fougères, quelques-uns propose un arrêt certes rapide mais concerté en s’accordant 5 minutes. L’information circule rapidement et semble être acceptée de tous. J’aborde donc sereinement l’approche du 2nd point de contrôle. Les derniers kilomètres sont dignes d’un critérium, je reste placer pour avoir un peu plus de temps avec Sophie et Gaby. Je pars faire tamponner ma feuille de route en rassurant Sophie sur la durée du ravitaillement. Sauf que lorsque je ressors, j’en vois déjà certains remonter sur leur vélo. Du coup, je remplis mes poches et repars aussitôt.
La nuit est agréable, pas trop fraîche.

Fougères => Tinténiac (54km en 1h49)
Encore une étape nocturne, le groupe semble avoir trouvé son rythme. On retrouve le même schéma avec quelques-uns qui assurent le tempo, quelques-uns qui préfèrent placer des accélérations et beaucoup qui suivent dans les roues (je vous laisse deviner à quel groupe j’appartiens). A l’approche de Tinténiac, la proposition d’un arrêt un peu plus cool refait son chemin. De toute façon, cette fois, cela met égal, je n’ai pas prévu de ravitaillement à Tinténiac à l’aller (cela permet d’accorder un peu plus de sommeil pour l’assistance et de toute façon 2 grands bidons et les poches pleines pour faire 140km de nuit, ça suffit). L’arrêt est un peu plus apaisé et nous repartons ensemble, nous sommes encore une quarantaine.

Tinténiac=>Loudéac (85km en 2h49)
Dernière étape avant le lever du jour. Notre ami espagnol est très en jambes, il part une 1ère fois avec un autre cyclo ; il paraît vraiment fort et nous chassons pendant plusieurs kilomètres avant de les rejoindre. Quelques kilomètres plus loin, 2 autres coureurs prennent la fuite, enfin disons que quelqu’un leur laisse un trou. On commence à s’organiser derrière eux et lorsque l’espagnol sort pour rentrer en contre, je fais, moi aussi, l’effort. La première fois, j’avais un peu souffert pendant la chasse, cette fois, je reste caler dans sa roue, une fois l’accélération faite, c’est finalement moins fatiguant. Et nous, nous retrouvons à 6 coureurs devant. Je ne participe pas aux relais. Nous sommes rattrapés pratiquement à l’entrée de Loudéac. Au contrôle, gros stress, Sophie et Gaby ne sont pas là. Je commence par gérer le pointage et à mon retour, m’apprête à repartir mais mes bidons sont vides. J’arrive rapidement à faire remplir mon bidon par une autre équipe d’assistance. Un autre cyclo me prêtera aussi un bidon sur l’étape suivante.

Loudéac => Carhaix (76km en 2h48)
Je ressens sur cette étape mes premiers passages à vide. Juste après Loudéac et le stress du contrôle, une série de monts s’enchaîne, très rapprochés et très pentus. Je suis à la limite de me faire décrocher dans les 2 derniers monts. Je me dis que ce n’est pas bon signe et ne prend pratiquement plus de relais à partir de là. Les monts d’Arrée ne seront pas un bon souvenir pour moi ! Même le contrôle secret sur cette étape ne se passe pas très bien, avec l’effet de « surprise », j’étais mal placé du coup, je dois chasser pour revenir sur le groupe. Les choses rentrent heureusement dans l’ordre et j’attends patiemment de rejoindre Carhaix.

Carhaix => Brest (93km en 3h03)
A la sortie de Carhaix, l’allemand qui me faisait forte impression prend quelques longueurs et s’échappe lorsque nous effectuons notre traditionnelle pause à la sortie de ville. Il n’y a pratiquement plus que 2 personnes qui assurent les relais à l’avant. De mon côté, je sens que cela devient de plus en plus dur. Nous approchons de Brest et montons le Roc Trevezel situé à une vingtaine de kilomètres de Brest et à 380m d’altitude. La montée est longue, très longue. Je l’entame assez bien placé et dès que les pourcentages augmentent, je me laisse glisser (enfin, je suis contraint à me laisser glisser) vers l’arrière du peloton. Les derniers mètres sont compliqués pour plusieurs d’entre nous mais nous parvenons finalement tous à basculer ensemble vers Brest. La vue sur la rade de Brest est superbe, le temps est idéal. Nous traversons l’embouchure de l’Elorn et entrons dans Brest. Pour rejoindre le contrôle, il faut escalader une dernière montée où je perds le contact avec le peloton. J’arrive donc au ravitaillement quelques secondes après le groupe à 11h45 dans les temps du record de l’épreuve. Heureusement, l’arrêt à Brest sera « un peu » plus long. J’ai le temps de discuter un peu avec Sophie, Gaby et des amis bretons venus m’encourager. C’est déjà le moment de repartir.

Brest => Carhaix (85km en 3h11)
La sortie de Brest se fait tranquillement mais dès que nous en sortons, nous attaquons la montée vers Sizun, c’est long et j’ai beaucoup de difficultés à suivre. A la bascule, je suis dernier du groupe et relance pour rester au contact. Après quelques kilomètres, la deuxième partie de l’ascension du Roc Trevezel commence. Je m’accroche tant bien que mal mais je recule irrémédiablement dans le groupe. Une fois en dernière position, j’essaie encore de m’accrocher un peu mais préfère rapidement renoncer car il reste encore tout le retour à faire. Je poursuis l’ascension seul, le groupe s’éloigne lentement. J’aperçois un autre cyclo en difficulté au loin, je garde mon rythme et reviens sur lui peu après le sommet. Je passe un relais, essaie de nous maintenir à un rythme correct mais dès la première côte, je me retrouve seul. Je me dis que je suis parti pour un bon moment solitaire. Heureusement, je commence à croiser les participants du PBP qui sont encore en route vers Brest. Je reste très motivé et sens que je reprends du poil de la bête. Le fait de rouler à mon rythme, me fait le plus grand bien. J’arrive à Carhaix, où il y a énormément de monde, j’y fais un arrêt rapide et repars seul.

Carhaix => Loudéac (79km en 3h36)
Etape intégralement solitaire, je roule à mon train, il n’est pas très rapide car cette étape est tout aussi vallonnée qu’à l’aller. Je croise un flux quasi constant de cyclo et leurs encouragements me font le plus grand bien. Je suis content lorsque j’arrive enfin à Loudéac. J’essaie de calculer un horaire d’arrivée final, à ce moment 48h semblent quasi inaccessible mais je suis encore largement en avance par rapport à l’objectif annoncé de 52h pour rentrer avant la nuit de mardi à mercredi. A Loudéac, la foule est impressionnante, il y a des vélos partout. Difficile même de « garer » son vélo pour se rendre au contrôle. Gaby et Sophie se sont très bien organisés. Gaby m’accueille à l’entrée du parking, m’explique où est Sophie et je peux la rejoindre sans problème. Et me voilà déjà repartis ;-)
En solo pour finir la journée!

Loudéac => Tinténiac (85km en 4h12 dont un changement de tenue)
Encore une étape solitaire, toujours à rouler sur le rythme le plus constant possible. A l’occasion, d’un contrôle secret, on m’annonce que je suis le 28ème à passer au contrôle et que j’ai environ 20 minutes de retard sur le groupe que j’ai dû laisser partir après Brest. Je ne suis pas si loin que cela finalement. Le soir arrive déjà lorsque je m’approche de Tinténiac, j’allume mon éclairage. Dans la descente de Becherel, j’ai froid, heureusement, Sophie et Gaby doivent m’attendre à l’entrée de la ville pour changer intégralement de tenue. Je les retrouve comme prévu et me couvre bien pour la nuit (sous-couche, maillot et manchettes, coupe-vent et jambières), je rejoins ensuite le contrôle où on m’annonce qu’il y a un cyclo en route vers Paris pas très loin devant.

Tinténiac => Fougères (54km en 2h21)
Je repars toujours sur le même tempo et aperçois rapidement une lumière rouge devant moi. Je rattrape le cyclo parti de Tinténiac quelques minutes avant moi. Nous discutons un peu et envisageons déjà d’aller jusqu’à l’arrivée à deux. Il m’explique être resté avec le groupe de tête jusqu’à Tinténiac et y avoir dormi 1 heure. J’entame pour ma part ma seconde nuit sans sommeil. L’étape jusqu’à Fougères se déroule donc tranquillement et le fait de ne plus être seul rend les choses plus faciles. Nous parvenons à Fougères à 2. Pendant que nous nous ravitaillons, on nous indique qu’un groupe de 6 est derrière nous à seulement quelques minutes. Et effectivement avant même que nous décidions de repartir le groupe arrive. Nous repartons avec eux quelques minutes plus tard.

Fougères => Villaines-la-Juhel (88km en 3h57)
Pendant cette étape, nous restons à 8. Je sens le sommeil que me prend régulièrement, je prends mes gels à la caféine mais j’ai comme même quelques doutes sur ma capacité à rester éveillé. Je pense sérieusement à faire un somme à Villaines-la-Juhel. Sauf que lorsque nous y parvenons, je me sens mieux et décide donc de profiter du groupe encore un peu.

Villaines-la-Juhel => Mortagne au Perche (81km en 4h06 dont une sieste de 20 minutes)
Quelques kilomètres seulement après Villaines-la-Juhel, je sens déjà le sommeil qui me reprend. J’essaie de lutter, je chante, je parle, je m’étire, je tente tout ce qui me passe par la tête mais il faut se rendre à l’évidence, si j’insiste cela va vraiment devenir dangereux. A l’occasion de la traversée d’un petit village, je m’arrête donc pour dormir un peu. Je vais tenter une « Flash nap » comme le font les navigateurs. Je m’installe, programme le réveil 25 minutes plus tard. Et voilà je me réveille tout seul lorsque je laisse tomber mon téléphone qui sonne seulement quelques secondes plus tard. J’ai l’impression d’avoir dormi des heures. Pourtant, il fait toujours sombre, le jour commence tout juste à se lever. Pendant que je me prépare, je vois 2 cyclos passer. Je finis de me rhabiller et redémarre. Je les rejoins rapidement, il y a un français, Michel et un autrichien, Manfred. Nous discutons avec Michel, j’essaie de temps en temps de relancer l’allure pour que l’on s’organise en relais mais je sens que Michel est plutôt dans l’état d’esprit de finir tranquille. Pour ma part, je commence à en avoir marre, j’ai envie d’en finir rapidement. Nous parvenons à Mortagne-au-Perche en discutant. J’ai fait mes calculs, si on roule bien moins de 48h est désormais tout à fait jouable mais il ne faut pas perdre de temps. Donc pause assez courte à Mortagne et c’est reparti.
Sophie et Gaby m'attendent, désolé, j'ai fait un petit somme ;-)
Gaby assure le ravitaillement sur le vélo

Un petit tampon sur le carnet de route



Mortagne au Perche => Dreux (75km en 3h06)
A partir de ce moment, il n’y a pratiquement plus que des routes connues. Seul le segment Senonches=>Dreux n’est pas connu mais Thierry, mon collègue qui l’a repéré, m’a dit que ça roulait bien et qu’il n’y avait pas de difficultés. Mais avant cela, il faut sortir du Perche. Manfred est reparti un peu plus vite  que Michel et moi, nous le voyons un peu plus long devant. Première ascension, je me retrouve seul entre Manfred et Michel. J’attends un peu Michel. Nous arrivons à Longny-au-Perche et à la sortie, nous entamons la dernière difficulté du Perche. Je prends une centaine de mètres d’avance. Je rejoins Manfred qui s’est arrêté quelques instants au sommet. Du coup, je me retrouve seul avec 100 mètres d’avance sur mes compagnons, j’hésite un peu, ce n’est pas vraiment l’esprit cyclo mais je décide de partir seul pour assurer les 48h. Je connais bien la route jusqu’à Senonches pour l’avoir emprunté pendant le BRM600 de Montigny. Je trouve tout de suite un bon rythme. Je refais mes calculs, ça devrait être bon de toute façon, je garde le rythme jusqu’à Dreux et j’aviserai à ce moment-là. J’arrive à Senonches, prends la direction de Dreux sur la route que je ne connais pas mais comme on me l’avait dit, ça roule bien. Pas de bosses à escalader, le vent est légèrement favorable. L’entrée dans Dreux est un peu bizarre par des petites routes mais je parviens au contrôle. Je vais faire le pointage, retire le gilet jaune et les manchettes et repars exactement au moment où Manfred et Michel arrive.

Dreux => SQY (65km en 2h29)
Je ressors de Dreux tranquillement, je sais qu’il y a une belle côte pour en sortir. Je monte tranquillement pour relancer une fois au sommet. Le ciel devient menaçant et le vent forcit, il vient de la gauche, n’est ni favorable, ni défavorable. Jusqu’à Congé-sur-Vergre, la route est plate et je roule à un bon train. Puis j’arrive sur des routes que je connais parfaitement pour les emprunter très régulièrement à l’entraînement. Ce n’est pas plat pour rejoindre Gambais puis Gambaiseuil mais je sais ce qui m’attend. J’arrive enfin dans la côte de Gambaiseuil où je rattrape un cyclo du groupe de 8 qui zigzague sur la largeur de la route pour monter. Pour ma part, je mets tout à gauche, grimpe en danseuse mais en ligne droite. Je l’aurai finalement bien montée. Je me rends compte que je mettais carrément trompé dans mes calculs, je ne cours pas derrière un chrono en 48h mais en 47h !!! Je préviens Sophie pour qu’elle soit bien à mon arrivée avec les enfants. Je rejoins maintenant Monfort-l’Amaury, la montée vers Bazoches passe bien, je sais que la fin est proche et les jambes continuent à répondre présentes. La dernière montée d’Elancourt village jusqu’au plateau de Trappes est avalée rapidement. Je rentre dans la base de loisirs de SQY. Là, je me relâche un peu et savoure ces derniers kilomètres. J’approche du vélodrome, je vois les enfants avec Sophie, Gaby et Anne-Marie. Un dernier encouragement, un dernier coup de pédale, je passe sur le pointage électronique. Ca y est, j’ai fini !
Dernier virage
Reste à apposer le dernier tampon sur le carnet de route et à profiter de mon premier repas chaud depuis 2 jours.
Plus que quelques mètres...
Bilan
Au final, 46h43 pour finir ce Paris-Brest-Paris dont 44h12 passées sur le vélo, 20min de sommeil et 2h11 seulement passées aux pointages, ravitaillements, changements de tenues et pauses techniques. Plusieurs raisons d’être satisfait, tout d’abord, d’avoir tenu avec les meilleurs jusqu’à Brest, comme je l’espérais et sans avoir mis le chemin du retour en péril,  ensuite d’être rentré en moins de 48h (j’avais annoncé à tous un objectif de 52h pour ne pas me mettre de pression mais j’espérais être en-deçà des 48h) et enfin de terminer la dernière étape seul à plus de 26 km/h de moyenne preuve d’une certaine fraîcheur.
Après quelques jours, la récupération est plutôt bonne.

Un grand merci aux bénévoles présents sur le parcours pour les contrôles et les ravitaillements. Un très grand merci bien sûr à Sophie et Gaby pour l’assistance et les nuits sans sommeil ;-) ainsi qu'à Anne-Marie qui a préparé le ravitaillement et s'est occupé des enfants pendant ce long périple, enfin à tous ceux qui m’ont soutenu avant et pendant ce challenge.
On reprend des forces en famille au Vélodrome



Chronométrage officiel
Contrôle
Km
Temps
Passage
Moyenne tronçon
Moyenne Totale
START
0
16/08 16:00
VILLAINES
221
06:24
16/08 22:24
34.5 km/h
34.5 km/h
FOUGERES
310
09:16
17/08 01:16
31 km/h
33.4 km/h
TINTENIAC
364
11:05
17/08 03:05
29.7 km/h
32.8 km/h
LOUDEAC
449
13:54
17/08 05:54
30.1 km/h
32.3 km/h
CARHAIX
525
16:42
17/08 08:42
27.1 km/h
31.4 km/h
BREST
618
19:45
17/08 11:45
30.4 km/h
31.2 km/h
CARHAIX
703
22:56
17/08 14:56
26.7 km/h
30.6 km/h
LOUDEAC
782
26:32
17/08 18:32
21.9 km/h
29.4 km/h
TINTENIAC
867
30:44
17/08 22:44
20.2 km/h
28.2 km/h
FOUGERES
921
33:05
18/08 01:05
22.9 km/h
27.8 km/h
VILLAINES
1009
37:02
18/08 05:02
22.2 km/h
27.2 km/h
MORTAGNE
1090
41:08
18/08 09:08
19.7 km/h
26.4 km/h
DREUX
1165
44:14
18/08 12:14
24.1 km/h
26.3 km/h
FINISH
1230
46:43
18/08 14:43
26.1 km/h
26.3 km/h