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mardi 4 septembre 2018

Récit RACE ACROSS FRANCE 2018

Préparation:
Pour préparer la RACE ACROSS FRANCE, j'ai repris les ingrédients qui m'avaient plutôt bien réussi pour le Paris Brest Paris en 2015.
Un hiver studieux avec du foncier sur route et du rythme sur piste au Vélodrome.
Des compétitions sur route en début de saison pour ne pas être trop Diesel, tout en rallongeant un maximum (aller-retour sur les courses à vélo). Puis à partir d'avril, montée en distance sur un BRM 300 puis 2 BRM 400 et un BRM 600 pour trouver son rythme sur les longues distances.
Tout ceci sur des routes plutôt plates, il a donc fallu ajouter un Week-End prolongé dans les Cévennes pour prendre le coup de pédale sur des cols de moyenne montagne.
Sur Mai et Juin, plus de 4000km avalés, de quoi avoir un bon foncier.
Juillet a été plus calme, l'objectif étant de recharger les accus et de prendre de l'envie (essentiel pour que la tête tienne). Presque 3 semaines de vacances en Colombie; pas de vélo mais un peu de spinning sur cette période et surtout une acclimatation à 2600m d'altitude.
Retour en France, début Août avec des sorties courtes (mais 2 à 3 fois par jour) et une épreuve de 6h sur circuit.
Enfin, le repos d'avant course, le décompte commence avec environ 10500km au compteur

J-3: Mercredi 15 Août
Après avoir vérifier que j'avais tout le nécessaire pour la RAAF, je commence les valises et je prépare mon alimentation; au programme, je cuisine des cakes énergétiques sucrés et salés et une tarte croquante pour le plaisir. Je récupère aussi Régis à la gare.
Une partie du ravitaillement...

J-2: Jeudi 16 Août
Gérôme et Philippe viennent nous récupérer avec les voitures du Team Progress. On charge l'ensemble de nos affaires (pas si simple!!!) et non voilà parti. La route se passe sans encombre mais nous arrivons relativement tard chez mon frère Franck. Coucher vers 23h30, difficile de faire plus tôt.
En route sur le Sud

J-1: Vendredi 17 Août
Levé relativement tôt pour être à Mandelieu à 9h pour l'inspection des vélos et des véhicules. 10h30, tout est ok. 
Photo officielle

Véhicule d'assistance #1

Véhicule d'assistance #2
Avec la Team de départ (Philippe, Gérôme, Franck et Régis)

Je me change et pars faire un petit tour de vélo histoire de repérer le départ jusqu'à la sortie de Grasse. Il y aura moins de stress pour le guidage au démarrage le lendemain et cela fait du bien de tourner un peu les jambes après avoir passer la journée de la veille assis dans la voiture.
Repérage et déblocage

Petit resto avec toute l'équipe, on complète les courses pour le grand départ. 
17h30: Briefing
Retour chez Franck et coucher à 23h. J'ai hâte d'y être, je suis passé de l'état "J'espère avoir pensé à tout" à "Je veux que ça démarre"

Jour J: Samedi 18 Août
Au départ de Plan d'Aups

Arrivée à Mandelieu un peu avant 11h, je me change et fais les derniers préparatifs. Tout est prêt. Je suis dans la file d'attente pour le grand départ.
A quelques secondes du départ

C'est parti

12h12: Après quelques mots échangés avec Arnaud, c'est parti. Je cherche directement à me mettre dans mon rythme, je rattrape rapidement 2 concurrents partis 2 et 4 minutes avant moi. Je m'inquiète, suis-je en train de démarrer trop vite?
Mon cardio n'ayant pas démarré, je ne peux me rassurer avec cette information; je continue donc à me fier à mes sensations.
L'ascension vers le sommet des gorges du Verdon commence. Après une cinquantaine de kilomètres, Nicole Reist me dépasse. Je ne cherche pas à faire évoluer mon rythme; elle semble très concentrée sur son effort. Je la vois s'éloigner progressivement en avançant dans l'ascension du col.
J'approche du dernier col permettant d'accéder aux Gorges du Verdon lorsqu'il commence à pleuvoir. J'enfile ma veste de pluie avant d'entamer la descente. La route est détrempée, j'effectue la descente sur les freins en restant très concentré; dommage, je n'ai pas vraiment profité de la vue sur les Gorges. Lorsque j'arrive au niveau du Verdon, l'orage redouble et la pluie s'accompagne de grêle. Je roule rapidement; l'objectif soit sortir de la cellule orageuse; soit trouver un abri. Je passe à côté du véhicule de Jean-Luc Perez qui s'abrite sous le coffre de son van. Je trouve finalement un tunnel un peu plus loin et m'y arrête. Je profite de cet arrêt non prévu pour me ravitailler; j'attends que cela se calme un peu (au moins la grêle) et repars. Je reprends ma progression sans encombre jusqu'à la nuit et le moment où j'attrape un début de crampe à l'intérieur de la cuisse droite (après un peu plus de 200km seulement). Franck me masse et parvient à faire passer la crampe. Je repars prudemment. Gianpiero Klancic m'a passé pendant cet arrêt, il était parti 2 minutes près moi, nous avons vraiment des rythmes très proches. Je reviens progressivement sur lui. Je le repasse une première fois (en ratant l'entrée d'une piste cyclable). Il me rattrape à nouveau, me passe, je laisse une cinquantaine de mètres mais dès que je reprends mon rythme, je me rapproche de sa voiture. J'attends un peu, me disant qu'il était un peu plus rapide que moi et devrait donc finir par prendre le large. Il n'en est rien, je décide donc de repasser et reprendre mon rythme.
J'arrive au Bed&Bike situé au pied du Ventoux, je marque un arrêt un peu plus long pour me restaurer, changer une partie de mes vêtements pour des vêtements un peu plus chaud, une dizaine de degrés seulement sont annoncés au sommet et je prends mon vélo de montagne avec un braquet 33x34 qui doit me permettre de progresser en souplesse le plus longtemps possible.

Jour J+1: Dimanche 19 Août
Je repars à l'assaut du Géant de Provence un peu avant 1h du matin. Je suis dans les temps que j'avais prévus.
Dans les premiers kilomètres, j'ai quelques difficultés à m'adapter à la pente importante, je parcours 6 ou 7 kilomètres et marque une courte pause. Je ne m'affole pas, j'avais prévu et imaginé que je ne monterai pas les grands cols d'une traite et faire une pause au cours de l'ascension n'a rien de rédhibitoire.
Je repars pour la suite de l'ascension, rejoint le Chalet Reynard où je marque une seconde pause de courte durée. Le final de l'ascension se passe plutôt bien, je croise avec surprise un chien de berger.
Au sommet, je reçois les encouragements d'une personne de l'organisation. Je m'arrête pour me couvrir avant d'entamer la descente.
Descente rapide mais prudente car il fait encore nuit noire.
Je fais maintenant route vers le Nord en longeant les Alpes, la route est relativement plate mais un petit vent du Nord ralentit ma progression.
Vent défavorable pour rejoindre le Vercors

J'arrive à Die vers la fin de matinée et attaque la montée du col du Rousset, long et sous le soleil puis un petit col assez pentu et dont le panneau n'est pas situé au sommet mais avant un long faux plat qui termine l'ascension; c'est très désagréable de passer le panneau du col est de devoir attendre plusieurs kilomètres avant de pouvoir enfin entamer la descente.
Après le remplacement du véhicule d'assistance, c'est la descente vers Grenoble.
En route vers les cols mythiques des Alpes

Puis la vallée vers Bourg d'Oisans où je rattrape Mikel un espagnol de la Challenge Self Support; nous entamons l'Alpe d'Huez pratiquement ensemble vers 19h45.
Je demande à Gérôme combien de virages, je suis capable de franchir avant la tombée du jour. J'annonce 5, lui 7 et nos supporters sur le Facebook Live qu'il a lancé, annonce entre 10 et 15. Du coup, je passe mon ascension à faire le décompte pour finalement atteindre le sommet avant la nuit noire. Je m'arrête un peu, me couvre car même s'il reste le col de Sarennes, la température a baissé.

Jour J+2: Lundi 20 Août
La route du col de Sarennes est dans un très mauvaise état, tant dans la montée que dans le début de la descente. Je suis content d'arriver enfin à Mizoen au pied du Lautaret. J'avance un peu le temps de trouver un parking pour faire ma première pause sommeil après plus de 36 heures de vélo. Je ne dors que 20min, toujours dans l'objectif de sécuriser mon passage à Talloires même si le rythme que je tiens jusque là est rassurant.
Je rattrape à nouveau Mikel dans le col du Lautaret, nous discutons un peu et le col passe vraiment bien, j'enchaîne "presque" directement vers le Galibier. Mikel prend quelques longueurs d'avance à quelques kilomètres du sommet. J'arrive au sommet seul mais les dernières rampes sont réellement très difficiles.
J'enfile un coupe-vent et entame la descente toujours de nuit donc prudemment, je remonte le col du Télégraphe (à vrai dire, je m'en souviens à peine) et reprends ma descente jusqu'à l'entame de l'Iseran qui débute pour une longue approche peu pentue. Je ne suis pas au mieux dans cette partie et fini pour faire une pause supplémentaire peu après le levé du jour. Après 20 nouvelles minutes de sommeil, je suis réveillé par mon assistance, mange un peu et reprends la route. Me sentant encore fatigué, je leur demande de m'arrêter s'il voit que je fais des écarts "anormaux". Je m'approche doucement du pied de l'Iseran; ça reste laborieux, je n'arrive pas à trouver un bon rythme.
J'arrive à la rupture de pente et marque un arrêt avant d'attaquer réellement l'ascension.
Petit moment de répit dans un cadre magnifique avant l'Ascension de l'Iseran

Dans l'ascension de l'Iseran, je n'ai jamais eu de bonnes sensations et cela aura été sans doute l'ascension la plus pénible me concernant. En revanche, le panorama est magnifique et j'en profite pour regarder le paysage lorsque la pente me le permet. Je marque encore une pause au cours de l'ascension et parvient enfin au sommet.
Première grande descente de jour pour rejoindre Bourg Saint Maurice. La descente est rapide et agréable dans sa première partie puis passé Val d'Isère, il y a de nombreux tunnels avec une mauvaise visibilité et une route en mauvaise état. J'arrive donc à Bourg Saint Maurice heureux d'avoir passer les 2 plus hauts cols de l'épreuve, toujours dans le timing prévu.
A Bourg Saint Maurice, Franck a préparé une douche et de quoi me restaurer. Cette douche fait le plus grand bien, j'en profite pour me changer intégralement. 
Pause à Bourg Saint Maurice

Un massage et ça repart!

Après un massage et un repas réparateur, je repars et attaque rapidement les premières rampes du Cormet de Roselend. La fatigue commence à se faire sentir et l'ascension me parait bien longue; le sommet est exposé au vent ce qui n'arrange rien; heureusement une fois encore le paysage est magnifique.
A peine la descente effectuée, on reprend par le col des Saisies toujours exposé au vent. Le dénivelé de ce col est plus faible que les dernières ascensions le sommet est moins haut et surtout nous ne sommes pas redescendu en fond de vallée.
Nous arrivons au sommet, je vois une collègue qui passe ces vacances aux Saisies, je marque un arrêt pour enfiler un coupe-vent et manger un peu.
C'est parti pour la descente vers Mégève; dans la vallée avant d'attaquer le col de la Colombière, je fais une pause sommeil de 20min et me restaure.
C'est reparti vers Cluses, je passe à côté de Sylvère Mory qui est sur le point de terminer la version Challenge Sans Support en tête; il a un problème de GPS, nous ferons donc route ensemble jusqu'à Talloires.
Nous entamons la Colombière à la tombée du jour. La montée jusqu'au Reposoir se passe bien; j'entame les 3 derniers kilomètres, la pente devient vraiment très dure et je marque un arrêt à un peu plus de 1km du sommet. Je repars, termine péniblement l'ascension et commence la longue descente vers Talloires.
J'arrive à Talloires après 60h sous les applaudissements... pour l'arrivée de Sylvère, vainqueur de la course Challenge Sans Support.

J+3: Mardi 21 Août
Je m'installe pour ma première nuit, "1h30" de sommeil réparateur. 
1ère phase de sommeil de 1h30
Le réveil est un peu difficile mais l'accueil est parfait


Un petit café, un peu de nourriture et c'est reparti. Je suis soulagé de passer Talloires dans les temps et même avec une confortable avance. On commence à jeter un œil au classement, je suis 3ème avec Jean-Luc Perez, l'autre Francilien de l'épreuve quelques kilomètres derrière moi.
Le tour du Lac d'Annecy permet de se remettre en jambes avant d'attaquer le col permettant de rejoindre le lac du Bourget.
Après le lac du Bourget, un col court mais intense au début nous attends, je marque une pause repas avant d'attaquer cet ultime col pour sortir des Alpes. Pendant l'ascension, le jour se lève nous laissant apercevoir le Lac du Bourget au petit matin.
La route est désormais beaucoup plus plate, j'ai repéré une dernière côte à passer avant de changer de vélo et de prendre le vélo de contre-la-montre.
Je croise Benoît, mon beau-frère venu me voir dans l'ascension de la côte, il nous rejoint au sommet où je mange à nouveau avant de repartir avec mon vélo de CLM. La vitesse augmente, la température monte aussi, je marque un arrêt vers midi pour un sieste de 20min avant de partir à l'assaut des monts du Mâconnais. Juste avant Prissé, je reprends mon vélo classique, les coteaux du Mâconnais sont exigeants et surchauffés. Je souffre pas mal sur cette partie. Profite un maximum de l'élan des descentes pour entamer les montées. Je marque plusieurs arrêts pour me rafraîchir. Nous arrivons à Gueugnon en fin d'après-midi. Nous cherchons une animation qui devait être présente avec possibilité de se doucher mais il n'y a rien. Peu importe, nous reprenons la route vers Nevers que nous rallions vers 23h.
Une petite pause à la Fée du Vélo, j'apprends que je suis toujours 3ème mais que Jean-Luc revient sur moi en mode TGV.
Nous reprenons la route, passons une côte difficile quelques kilomètres plus loin et je reprends le vélo de CLM.

J+4: Mercredi 22 Août
Au petit jour, j'éprouve le besoin de dormir; c'est pendant cette pause que Jean-Luc Perez me passe et se sera définitif.
En effet, en ce jour de Bords de Loire, Jean-Luc est dans son élément d'expert du CLM longue distance et de mon côté, j'ai beaucoup de difficultés à faire les 4-5h de vélo consécutives entre pause qui permet de bien progresser. Je marque un arrêt pratiquement toutes les heures, c'est mauvais signe.
Parc et Château de Chambord

Fin d'une journée difficile malgré les apparences

Je me rends compte en fin de journée que par habitude, je roule un peu plus fort sur le vélo de CLM et que du coup, je n'arrive pas tenir, je calme donc le jeu sur la fin de journée et retrouve un rythme plus serein. Nous effectuons une pause quelques kilomètres avant La Flèche pour dormir 1h30.

J+5: Jeudi 23 Août
Le redémarrage est un peu laborieux, nous retrouvons des routes vallonnées. Quelques heures seulement après le départ, je ressens le besoin de dormir à nouveau et nous partons sur 1h30 de sommeil. Cette pause me fait le plus grand bien et je repars avec l'objectif de voir la mer avant la nuit. Je trouve un assez bon rythme même si la route n'aide pas forcément, ni le vent d'ailleurs. J'effectue des pauses toutes les 4 à 5 heures; pauses pendant lesquelles je dévore littéralement.
J'approche du bord de mer, je sais que je vais basculer vent dans le dos, j'arrive au niveau d'Omaha Beach vers 19h et me ravitaille largement. Je suis super excité, je n'ai qu'une envie repartir à passer le Pont de Normandie. Je reprends donc la route vent dans le dos, j'avance bien jusqu'à la nuit. Vers 23h, je commence à sentir la fatigue me prendre et les jambes commencent à faiblir. Je m'arrête donc pour la dernière "nuit" sur cette épreuve, nous partons sur 3h de sommeil.

J+6: Vendredi 24 Août
Je mange bien au réveil et repars, il y a quelques bosses sévères qui me font souffrir. Je galère un peu pour trouver l'accès au Pont. La traversée du Pont de Normandie est assez sportive avec un fort vent de côté et une voie relativement étroite.
Je retrouve Régis et Thierry à l'issue de la traversée et j'emprunte une petite route où ils ne peuvent me suivre. Nous nous retrouverons quelques kilomètres plus loin. Je rejoins le pays de Caux mais ressens le besoin de dormir à nouveau une vingtaine de minutes.
La route est toujours très vallonnée mais le compte à rebours à commencer dans mon esprit, je devrais arriver entre 19h et 20h. Franck nous rejoins après un peu de sommeil et une visite chez ma cousine. Les montées sont faites dans la difficulté mais la progression continue.
Tout aurait pu basculer lorsque j'ai roulé sur une pierre à environ 150km de l'arrivée, énorme choc, je ne perds pas l'équilibre, je pense avoir éclaté mais finalement ce sont les jantes qui ont pris.
Une pierre qui aurait pu tout gâcher

J'approche maintenant de l'arrivée mais je reprends 20 kilomètres avec un fort vent de 3/4 face sur une route complètement à découvert. Je marque 2 arrêts sur ce petit bout de route. A 15 kilomètres de l'arrivée, je reprends vent dans le dos et je suis dans un état second, je devrais savourer ces derniers kilomètres, me relâcher mais non, je suis juste impatient d'en finir et je profite du vent favorable pour accélérer.
Enfin l'entrée dans Le Touquet, le panneau Arrivée 1km, la ligne est en vue, ça y est, je suis FINISHER de la Race Across France.
J'ai parcouru un peu plus de 2500km en 6 jours 7 heures 9 minutes et 13 secondes dont environ 34h à l'arrêt, j'estime avoir dormi entre 18 et 20h, le reste étant dévolu aux ravitaillements, douches, massages et autres arrêts soit environ 21,4km/h sur les heures de roulage.
Eh oui, FINISHER!!!!!!

Drôle de tête. La joie ne transparaît pas...

Merci au TEAM PROGRESS pour son soutien!

Merci à toutes les personnes qui m'ont encouragé sur Facebook et qui ont suivi les Live. Merci à Philippe, Gérôme, Franck, Régis, Yoann, Thierry, Matthéo et Flavie pour l'assistance tout au long de la semaine. Eux aussi ont connu des nuits courtes, voire très très courtes et ils ont été aux petits soins pour moi pour que je reste focaliser sur mon effort.
Merci à Arnaud, Loïc et toute l'équipe d'organisation d'avoir fait exister cette épreuve dont je rêvais.
Merci à Sophie et les enfants pour avoir supporter toute la préparation et d'avoir préparé le comité d'accueil de notre retour.
Le comité d'accueil
Cela fait déjà 10 jours qui j'ai fini cette belle aventure. Le retour à la réalité n'est pas évident; il a fallu reprendre le travail puis la rentrée des classes alors que j'ai toujours à l'esprit ces 6 jours defforts, de souffrance et de plaisirs.
La récupération se passe plutôt bien, j'ai repris le vélo après une semaine, il est encore difficile de faire monter le coeur mais les sensations sont bonnes. En fait, il n'y a plus qu'un séquelle de cette épreuve: des fourmillements persistants dans la main gauche mais j'avais déjà ressenti cela après le Paris Brest Paris, dans quelques semaines, tout ça sera oublié.

Liens vers les activités STRAVA:



mercredi 4 juillet 2018

Préparation Race Across France: Week-End Cévennes


Ce Week-End, pas de longue distance type BRM mais des belles ballades en moyenne montagne et sous la chaleur avec un groupe de collègues.
Trajet jusqu'à Saint Etienne du Valdonnez le jeudi soir pour une WE de 3 jours 1/2 sur place.
Vendredi, nous avons fait le tour du Mont Lozère avec presque 160km et 3300m de dénivelé.
Samedi, les Gorges de la Jonte et du Tarn auxquelles j'ai ajouté une boucle jusqu'à Mende et la terrible Côte Jalabert avec en fin de journée 180km et 2920m de dénivelé.
Dimanche, rendez-vous au sommet du Mont Aigual, point culminant de la région et encore 178km et 3250m de dénivelé.
Lundi matin, une petite boucle vers Mende avec 1230m de dénivelé sur 56km et une 2nde fois la côte Jalabert sur le Week-End.
Un excellent Week-End pour prendre le coup de pédale dans les cols et pour s'acclimater à la chaleur.
Les sorties très longues de préparation sont pratiquement terminées, je ne devrais plus dépasser les 200km d'ici le départ.
Un peu de vacances en Juillet avec moins de vélo pour faire le plein d'énergie et d'envie. 10 jours de peaufinage en Août sans trop longue distance et il faudra y aller.







lundi 25 juin 2018

Préparation Race Across France: BRM 600 Flins

    Ce Week-End, suite de la préparation à la Race Across France avec le BRM600 de Flins, Cédrick m'accompagne cette fois encore dans sa préparation au Paris-Brest-Paris 2019.
Le départ a lieu à 5h30 samedi matin. Je décide de faire l'aller-retour jusqu'à Flins à vélo ce qui m'ammènera à plus de 670km.
Je pars donc vers 3h45 du matin de la maison et arrive à Flins vers 5h. Le temps de récupérer mon carton et de discuter un peu nous voilà partis.

   Je reconnais au départ Jean-Marc Velez, l'un des rares français à avoir fait et terminé la Race Across America. Il démarre fort jusqu'à la sortie de Flins sans doute pour n'être suivi que par des personnes motivées. Nous sommes finalement 6 à prendre la route ensemble.

   Bien qu'il y ait peu de dénivelé au total, le départ est assez "casse-patte"  jusqu'à Chateauneuf-en-Thymerais où nous effectuons notre première pause express à peine 5 minutes à 8h05 (km76). Nous avons d'ailleurs perdu en ce début de parcours un membre de notre petit groupe. Il faut dire que nous avons déjà adopté un rythme assez soutenu, aidés en cela par un vent favorable.
Les 5 "Fantastiques": Jean-Marc / Moi / Patrice / Cédrick / Julien

Nous sommes donc 5: 3 expérimentés (Jean-Marc dont j'ai déjà parlé, Patrice (j'espère ne pas me tromper de prénom) qui a réalisé 53h au Paris-Brest-Paris en 2011 et moi) et 2 débutants (Cédrick et Julien qui feront pour la première fois un 600km et donc la joie de rouler de nuit).

   Tout le monde se relaie et avec le vent favorable, nous progressons vite, voire très vite, passons au second point de contrôle à Savigny à 10h25 (km172).La vitesse moyenne culminera autour des 33km/h au cours du parcours. A un moment, nous calmons un peu le jeu car les relais devenaient de plus en plus courts comme si l'on cherchait à prendre du temps sur un peloton "imaginaire". Notre vitesse se normalise un peu tout en restant rapide.


   La "fête" dure un peu au-delà de Bourgeuil (km266 14h30) où nous mangeons une viennoiserie mais ne trouvons pas de "salé". Après cette pause de 25 minutes pour récupérer, il faut repartir puis bifurquer vers l'Est et le vent devient alors défavorable. Après quelques kilomètres, nous levons un peu le pied car Cédrick a un passage à vide, nous gérons au mieux pour qu'il suive sans trop ralentir.

   La pause de Montbazon (km319 à 16h10) fera la plus grand bien. Nous prenons le temps de manger un sandwich presque 35min d'arrêt.

   Le vent reste défavorable jusqu'à Contres (km383) où nous arrivons vers 19h juste à temps pour acheter un flan à la Boulangerie qui était sur le point de fermer. Lorsque nous repartons le vent a faibli et Cédrick s'est refait une santé, nous reprenons un rythme plus élevé, traversons le parc de Chambord.

   Nous retrouvons Gino qui nous apporte de quoi nous restaurer à Meung-sur-Loire (km445 à 21h15). J'en profite pour remettre les manchettes et le gilet, on sent venir la fin du jour.
Un bon pique-nique en bord de Loire grâce à Gino

   Les 2 derniers contrôles se faisant de nuit, il suffit de répondre à 2 questions (genre quel est le supermarché à l'entrée de la ville?), nous décidons de ne pas forcément nous y arrêter. Nous passons néanmoins à Voves (km502) à 23h40 puis à Epernon(km552) à 1h30. Julien et Cédrick sont un peu en difficulté lorsque la route s'élève mais nous adoptons un rythme qui convienne à tous.

   La nuit se passe sans encombre, nous arrivons à Flins à 3h30 du matin soit 22h après le départ de brevet, un record en ce qui me concerne car je n'ai jamais eu l'occasion sur un BRM600 d'avoir un groupe de quelques coureurs pour rouler de manière soutenue et régulière comme on l'a fait.

   Pour ma part, je suis reparti quelques minutes plus tard pour ne pas prendre froid, le retour a été un peu long, la tête n'y étant plus vraiment, je suis arrivé chez moi à 5h10 du matin.

  Je pense que ce brevet a vraiment été très bénéfique; sachant que tout le monde roulait régulièrement, j'ai essayé de prendre de longs relais juste au-dessus du rythme que j'aurais adopté seul.

Carnet de route


mardi 5 juin 2018

Race Across France: Mes vélos

La particularité de la Race Across France et des courses d'ultracyclisme au format RAAM est de pouvoir changer de vélo et donc d'évoluer toujours avec un vélo adapté au profil.
Pour ma part, j'utiliserais cet été 3 vélos différents que je vais vous présenter.

Tout d'abord, mon Look 585 que j'ai depuis 8ans, équipé en Dura-Ace de l'époque, il est léger et nerveux; idéal pour la montagne. C'est le vélo avec lequel j'ai fait la plupart de mes épreuves longue distance dont le Paris Brest Paris en 2015. Je sais pouvoir rester des heures sur ce vélo sans douleurs particulières.
Pour passer les grands cols des Alpes, je suis passé à un pédalier compact 50/33 et une cassette 11/34 nécessitant de changer le dérailleur arrière pour un TIAGRA à chape longue, seul compatible de cette cassette en 10 vitesses.
Si tout se passe normalement, je devrais l'utiliser à partir du pied du Mont Ventoux et sans doute jusqu'à la sortie des Alpes par les Dombes soit environ 900km
Seules inconnues à ce jour, les roues utilisées. Ce pourraient être des COSMIC ULTIMATE prêtées pour l'occasion ou une paire de roues Alu légères.
LOOK 585: Pour la montagne, il sera allégé de ses bagages

Second vélo, mon Look 795 racheté en 2015 à l'époque à l'équipe Bretagne Séché Environnement équipé en DA Di2 et de roues carbones 60mm. Une vraie machine à rouler que j'utilise pour mes courses et qui m'a accompagné sur les 24h du Mans ainsi que les brevets de préparation à la RAF.
Ce sera mon vélo à tout faire, bon sur le plat et le vallonné, capable d'assurer en montagne, je l'utiliserais du départ jusqu'au Mont Ventoux et le reprendrait à partir des Alpes Mancelles, soit au moins 1000km et même un peu plus si le besoin s'en fait sentir sur la partie plane pour lesquels un vélo typé contre-la-montre est prévu.
LOOK 795: La bête de course à apprivoiser sur longues distances

 Justement, le vélo de contre-la-montre est fait à partir du cadre Look 695 accidenté en 2015 et qui a été réparé cette année; il est équipé du groupe Ultégra 10v de mon ancien vélo de chrono. J'ai essayé de trouver une position aéro mais confortable. Je devrais l'utiliser pour traverser les Dombes puis les bords de Loire soit 500 à 600km. C'est la grande inconnue en terme de confort à tester dans les semaines à venir.
LOOK 695 TT: Un compromis confort/efficacité à éprouver

Pour ceux qui se poseraient la question, je ne suis pas sponsorisé par LOOK mais j'adore cette marque et suis ouvert à toute proposition de leur part ;-)

mardi 22 mai 2018

Préparation Race Across France: BRM 400 Flins

Debrief du 400 de Flins:

2 ème BRM 400km en 2 semaines.
Les conditions sont incomparables, la pluie a été remplacé par un beau soleil, les horaires font que l'essentiel se fait de jour et la solitude laisse place à un groupe de cyclos bien sympas.

Levé de bonne heure
Je pars donc de chez moi à vélo à 3h30 samedi matin, je fais un passage à Feucherolles pour récupérer Cédrick qui fait son premier 400 avec moi aujourd'hui. Il prévoit de faire Paris Brest Paris l'an prochain, je vais essayer de lui faire profiter de mon expérience.

Nous arrivons sur le lieu de départ à 4h40 et il y a la queue aux inscriptions. Nous sommes presque 100 à prendre la route ce matin. L'attente fait que nous ne partons finalement qu’à 5h15 environ. Les premiers cyclos sont déjà partis depuis un bon moment.
A la sortie de Flins, par inattention, je me trompe de trace GPS, je suis celle que m’a amené de la maison. Nous nous en rendons compte peu avant Maule, nous ne rebroussons pas chemin et rejoignons l'itinéraire en passant par Jumeauville.
Nous commençons à rejoindre quelques cyclos qui sont partis après nous. Le détour devait être de 5-6km environ.
Nous roulons à 2 jusqu'à Ivry la bataille. Ensuite j'accélère un peu sur le plateau et nous rejoignons un groupe dont le rythme nous convient. Lors de la traverse d’un village, nous nous retrouvons isolés avec Cédrick sans trop savoir comment ni pourquoi. Nous voyons quelques cyclos plus loin, nous les rejoignons et faisons la route un moment ensemble. Jusqu'à l’Aigle, premier point de contrôle de notre feuille de route. Un café rapide et nous repartons. Nous nous trouvons dans un bon groupe d’une douzaine de cyclos. Le rythme nous convient bien.
Je profite un peu plus des paysages, nous traversons le pays d’Auge avec de très beaux villages en particulier Beuvron en Auge qui m'a laissé sans voix. MAGNIFIQUE!
Beuvron-en-Auge
Nous approchons de la mer et le vent défavorable forcit un peu. Nous sommes 3-4 à prendre des relais ce qui permet de garder un bon rythme.
Nous arrivons à Houlgate à 12h30 et un peu plus de 200km.
Nous voyons quelques cyclos qui sont arrivés juste avant nous. A priori, ce sont les premiers.
Le temps de manger un bon sandwich au soleil à l'abri du vent. Super agréable car même si le soleil est là depuis le départ, l'air reste frais.
Ravitaillement à Houlgate
C'est reparti pour le bord de mer jusqu'à Honfleur, sur cette route nous rejoignons les premiers. Nous formons un groupe d'une dizaine.
Honfleur
Le vent après Honfleur est soit favorable soit de côté et le parcours longe la Seine sur une grande partie sans difficulté particulière. Au contrôle de Conteville  à 14h30, je prends un petit café et c’est reparti.
Le retour se passe sans encombre si ce n’est qu’au dernier contrôle à Le Manoir, nous nous séparons certains préférant le bistrot à la boulangerie. Une tarte aux amandes, c'est la garantie de finir sans fringale.
Le final est toujours aussi beau avec les Andelys et la Roche Guyon mais un peu longue. 
Les Andelys - Château Gaillard

La Roche Guyon
Contre toute attente, le plat est presque plus pénible que le vallonné. Sur le plat, il faut toujours être en prise pour avancer, au moins lorsque c'est vallonné il est toujours possible de se relâcher un peu dans les phases descendantes.
Enfin, nous arrivons à Flins à 20h30.
Soit 15h30 pour 408km officiellement et plutôt 15h15 pour 414km réels pour  Cédrick et moi.
Je suis d’autant plus satisfait de ma performance de la semaine dernière où avec des conditions défavorables (solo, météo et nuit), j’avais terminé les 400km en 15h20 dans une moyenne très proche.
Feuille de route
Retour à des distances plus raisonnables avant de refaire un 600, le 9 juin

lundi 14 mai 2018

Préparation Race Across France: BRM 400 Noisiel

2ème étape de la préparation à la Race Across France, je suis allé faire le BRM 400 de Noisiel.
Avec la bête de course!!!

Départ Samedi 12 Mai à 15h, le ciel est couvert et des averses, voire des orages sont annoncées.
Pour sortir de la zone urbaine, il faut une petite dizaine de km. Je me retrouve tout seul. Apparemment, certains cyclos ont eu vent de ce qu'il s'était passé sur le BRM 300 de Bois d'Arcy et personne n'a voulu me suivre. Je vais donc faire ces 400km en solitaire de bout en bout, une nuit complète en solo, ce sera même une première pour moi.
En ce début de parcours, les routes sont plates et rectilignes; le vent est légèrement favorable, ça va vite souvent entre 35 et 40km/h.
Après 60km agréable, je sens quelques gouttes; j'attends un peu mais finis par mettre ma veste de pluie. Elle me tient chaud, j'hésite à m'arrêter pour la retirer quand la pluie redouble.
Je la garde donc et continue ma progression. La pluie se transforme en déluge, avec un peu de grêle. Je cherche un endroit où m'abritait mais rien à l'horizon. J'entends même le tonnerre; là, je m'inquiète un peu mais j'aperçois un ciel un peu plus clair, je finis de traverser l'orage. Ouf!
Je suis trempé de la tête aux pieds.
Je retrouve un peu de soleil, il faut que je sèche avant la nuit.
Au 1er point de contrôle à Pont-sur-Yonne (km95) où je prends un café, je retire ma veste, il est 18h, j'espère sécher un maximum.
On longe l'Yonne, jusqu'au 2nd point de contrôle à Joigny (km135). Je trouve une boulangerie ouverte, je prends une part de pizza, un pain aux raisins et un coca (Quelle diététique!!!), il est 19h40 lorsque je repars. J'enfile donc mon gilet jaune.
En sortant de Joigny, le vent a forci et est clairement défavorable pendant une dizaine de km. Après une bosse, sans que je comprenne pourquoi, le vent tombe à nouveau. Ce sera finalement, le seul moment où j'ai vraiment souffert du vent.
La nuit tombe à présent. J'espère aller jusqu'à Gien (km226) pour enfiler ma veste et mettre mes gants longs mais la pluie d'abord puis le froid ensuite m'en empêche. En plus mes doigts s'engourdissent, j'ai des difficultés à changer de vitesse et je dois anticiper les freinages. Je préfère m'arrêter. Avec les doigts engourdis, je n'arrive plus non plus à attraper à manger dans les poches et je mets un temps fous pour changer de gants.
Il reste 30km pour rejoindre Gien. J'y arrive à un peu plus de 23h. Le temps de trouver la Brasserie du Château qui reste ouverte, rien que pour nous. Un plat de pâtes chaudes, un coca et un café plus tard, j'ai repris le moral et je me suis un peu réchauffé.
Je reprends donc la route vers le Nord pour retourner à Noisiel
J'ai à nouveau froid, le temps de relancer la machine mais ensuite je suis plutôt bien. A part, ces doigts qui continuent à s'engourdir. Je suis obligé de m'arrêter à chaque fois que je veux m'alimenter, c'est  un peu pénible. En revanche, je roule sur une route sèche à présent.
J'arrive au dernier contrôle à Morêt-sur-Loing (km328) vers 3h15 du matin. Je prends le panneau en photo en guise de preuve de passage et je repars pour la dernière ligne droite.
En repartant, je reçois les premières gouttes de pluie qui me scient un peu les pattes, j'espérais finir au sec mais je me retrouve à nouveau sous une averse pas très intense mais suffisante pour être mouillé et ressentir à nouveau le froid. Cela dure environ 20km.
J'arrive à Mormant où je retrouve le début du parcours à effectuer en sens inverse. Le jour commence à se lever.
J'arrive dans la zone urbaine avec quelques feux qui hachent la progression et j'arrive enfin à mon point de départ, il est 6h20.

Une belle ballade, un peu gâchée par les mauvaises conditions climatiques. Il faudra être bien équipé pour garder les mains au chaud pendant la Race Across France car je n'imagine pas descendre un col de haute montagne avec les doigts engourdis.